jeudi 8 décembre 2011

... et puis j'ai fait mon expérience de l'esprit de Noël.

Ce matin-là, je m'éveillai au son d'un quelconque chant de Noël et la version somnolente de moi-même tourna la molette de mon radio réveil afin de pouvoir entendre mes amis Québécois me parler de la météo au Yukon et ainsi fuir cette bonne humeur générale et obligatoire qui me donne quelques nausées si je n'ai pas encore pris mon petit déjeuner (et même après, oui, j'ai prévenu, je tourne ermite). Comme chacun sait, il n'y a - jusqu'à présent - que trois chansons de Noël acceptables, et elles sont les suivantes :






Bref, ce matin là les signes étaient réunis : les guirlandes lumineuses brillaient dans la rue et charmaient les enfants et les compagnies électriques assurées dès lors de faire fortune, les tasses starbucks dans l'arbre de Noël me regardaient d'un air goguenard et Ylva, mon homologue suédoise, apparemment plus touchée par la féérie liée à la naissance du divin enfant que moi, avait posté des photos sur son blog de sa maison en pain d'épice. Il fallait que je me fasse à l'idée ; aujourd'hui était donc le jour où je devrai retrousser mes manches et accepter, l'espace d'un instant, d'être un des sbires de l'autre barbu rentrant par effraction chez les gens au moyen d'une cheminée la plupart du temps pour le moins inexistante... Mes doutes furent confirmés lorsque Manninagh, sur le départ pour un quelconque rendez-vous médical, me proposa, pour occuper nos gnômes préférés, de monter la maison en pain d'épice en kit qui traînait sur la table du salon (pour information, Ylva, elle, a fait elle-même la pâte, la découpe, et compagnie...). C'est alors que la part absurde de ma personne vit un moyen d'exprimer son génie et je me transformai dès lors en guerrière du glaçage et du n'importe quoi sur béton (ou "pain d'épice" selon la société qui fabrique les maisons en pain d'épice en kit). 


Manninagh s'éclipsa alors, en me précisant au préalable que de toute façon, dans la famille, ladite maison en pain d'épice n'avait jamais réussie à être montée car soit elle se cassait la gueule soit les garçons la mangeaient avant qu'elle ne ressemble même à une maison...

Dès les premières difficultés, les gnomes quittèrent le navire, se réfugiant sur le canapé, et c'est seule que j'affrontai la tempête...


Les gnomes avaient apparemment mieux à faire... mais comptaient sur leur Mamok pour jouer les architectes.

(... du coup, j'ai mis ma touche perso...)




(... lentement mais sûrement, la table devient dégueulasse. On remarquera également que j'ai abandonné l'idée de maintenir la chose le temps que le glaçage durcisse... l'abandonnant ainsi à une mort aussi lente que certaine)





... lentement...

... lentement ...

... the end.

C'est alors que Jones se décida d'abandonner Morphée pour venir achever l'esprit de Noël incarné dans la pauvre maison de pain d'épice industrielle.

"Crève, chien de capitaliste!"

Je crois qu'à l'issue de cette journée, on peut dire que j'ai vaincu l'esprit de Noël. Et ce n'est pas plus mal, puisque, entre nous soit dit, cette fête ne sert à rien, vu qu'en général on la passe coincé à une table austère pendant deux, trois voir quatre heures sans même avoir le droit de se déhancher un minimum sur "I am a dirty monkey", une bibine à la main. 

mardi 29 novembre 2011

... et puis des Témoins de Jéhovah ont vu en moi un âme à sauver du démon.

C'est une bien longue histoire que je m'apprête à narrer ici. Elle commença quand, par un ensoleillé matin de septembre, j'accompagnai mes charmants petits trolls des champs à leur arrêt de bus (depuis, je ne fais plus ça : le bus s'arrête devant la maison et je peux rester à joyeusement larver en pyjama - une grenouillère rose avec des caniches achetée aux Etats-Unis... Mmmh je vend tellement du rêve que je m'émoustille moi-même - sur le canapé du salon) lorsque le petit dernier - Bombie de son état - choisit de partir gambader joyeusement dans le parc. N'étant pas aussi irresponsable que les apparences peuvent le faire paraître, j'entrepris de lui courir après, alors même que le bus des deux aînés arrivaient et qu'ils s'engouffraient dedans. C'est alors que surgit des buissons (oui ça c'est pour l'effet dramatique, en réalité j'ignore comment cette femme se retrouva devant moi et si elle m'observait depuis longtemps...) une petite vieille, à l'air grabataire mais plutôt avenant, qui commença à m'entrenir du stress de la rentrée. Bon, qu'à cela ne tienne, le sujet ne me concernait pas vraiment (et ne me concerne toujours pas si on considère que mes incriptions à la fac sont TOUJOURS en suspend) mais je connais les règles élémentaires de la politesse (sauf quand on me réveille, d'innocentes victimes pourront témoigner) et je répondis à deux-trois questions de ladite duègne. Mon nom, ma ville d'origine... Grave erreur! Satisfaite, elle me libéra, sans omettre cependant de me laisser des prospectus que je fourrai dans la poussette sans y porter plus attention.

Ce n'est que quelques jours plus tard que l'anecdote me revint en tête, lorsque Manninagh, qui avait retrouvé les papiers dans la poussette, me fit d'un air amusé "Oh, je vois que tu as rencontré nos amis les témoins de Jéhovah...". Et le lendemain, alors que ce cher Bombie s'adonnait à une de ses activités préférées, à savoir regarder par la fenêtre, on frappa à la porte. Et quelle ne fut pas ma surprise de voir sur le seuil ma petite vieille, qui de plus avait ramené une potesse qui souriait jovialement : "On a vu le bébé à la fenêtre alors on a su que vous étiez là...". Sourire forcé. Pensée : "PSYCHOPATHES!". Elles n'ont pas eu l'air de comprendre mon désarroi et ladite duègne me présenta sa potesse francophone plus à même de discutailler de la Bible avec mézigue. Lorsqu'après 20 minutes, je réussis à leur faire comprendre qu'il était peut-être temps qu'elle aille délivrer l'âme de quelqu'un d'autre, elles me demandèrent : "And how old is this little boy?" "He's 2" "Oh really? And where is your husband today? Is he working?". Ne réussissant pas être méchante avec ces personnes qui ne pensaient pas à mal et étaient persuadées de venir pour m'empêcher de finir rôtie dans les flammes des l'enfer (quoique, comme le faisait remarquer Manninagh, si on me laisse le choix, je préfère aller en enfer, les gens ont l'air plus marrant là-bas), je bredouillais que je n'étais que la baby-sitter et que d'ailleurs j'avais un gigot dans le four (ou un truc du genre, ce qui est hautement improbable vu ma tendance à manger le gaspacho en glaçons à même le sac Picard...). Je m'éclipsai alors en espèrant bien ne plus jamais les revoir.

Et en effet, elles disparurent ... jusqu'à ce que la témouine francophone se repointe quelques mois plus tard, accompagnée cette fois de son mari et d'un brochure tout bonnement passionnante sur la Bible et la saiksualité. Et je me dois céans de vous transmettre la bonne parole, puisque nombre d'entre vous (je le sais, ne mentez pas) êtes d’inébranlables (jeu de mots non voulu) fornicateurs ; que dis-je, des POURCEAUX DE BACCHUS!!! Voilà donc de quoi vous faire vous repentir, bande de pécheurs.



(Oui, car comme chacun sait, la littérature classique ne parle jamais de sexualité ou de violence... Non...)

... Moi en tous, cas je suis convaincue.



L'histoire ne s'arrêta pas là, car j'ai eu le droit à un nouveau prospectus sur pourquoi Dieu a créé le monde. Et c'est très simple, en fait : Dieu a créé le monde parce que les calamars bondissent hors de l'eau.

La prochaine fois, je me dois de leur poser deux/trois questions. Les propositions sont les bienvenues.

Pour finir, n'oublions pas que :

lundi 28 novembre 2011

It won't be long YEAH!


... et dans 19 jours tout pile je danserai la gigue mit vous autres!

Cependant, doux compadres, je me dois de vous avertir quant au risque de trouver votre gueuse quelque peu changée et pour cause : 

> Le prix et les restrictions d'âge ont eu raison de son penchant pour la bouteille et votre dévouée camarade de boisson n'est plus aussi festive qu'auparavant... Quatre mois de sobriété, ça fait son oeuvre. [Dixit un anonyme : "Tiens, ça fait maintenant 20 minutes que je te parle et la conversation est presque normale... En fait, tu as du passer les deux dernières années sans jamais décuver."... L'hypothèse se tient ; cependant je ne puis y adhérer].

> La proximité des grizzlis a eu un effet direct sur son caractère et ses inclinaisons à être une gussette sociale sont quelque peu réduites (cependant il n'est pas dit que ce soit définitif...)

Sur ce, je vous salue et vous dis à sehr sehr bientôt.




Starbuck's got your SOOOOOUL.

Oyez, oyez, chères âmes parisiennes! Vous, qui, parfois, finissez, au rythme de vos pérégrinations sauvages dans vos rues empigeonnées, à remplir vos estomacs de breuvage Starbuckien en maudissant les hipsters que vous croisez dans ledit café, apprenez donc qu'ici le Starbuck est plus qu'une mode, c'est devenu un mode de vie, et je soupçonne d'ailleurs chaque autochtone d'avoir un budget mensuel spécial "White Chocolate Mocca" ou "Hazelnut Latte". La première adepte de cette frénésie Starbucksienne est ma chère Manninagh, et j'eu l'occasion de le constater une fois de plus, lorsqu'à mon réveil je jetai un oeil distrait et cerné à l'arbre de Noël qui trônait au milieu du salon...

GOOD GOD ALMIGHTY THAT STUFF AIN'T REAL...

mercredi 23 novembre 2011

Pouik Pouik


On aime tous Pouik. Alors on est tous heureux lorsqu'elle ré-ouvre son blog magique. 

GO GO GO Cafarrrd prrrrocrrastinateur et régale-nous de tes dessins!

mardi 22 novembre 2011

... et puis j'ai visité Seattle.

BAAAAAAAACK in Vancouver, charmants amis. Je reviens d'une ballade pour le moins épique en territoire américain, et je dois dire que pour une fois, je n'ai pas été effrayée par des gens forts peu avenants et beaucoup trop accros aux meths sur le parking d'un quelconque Walmart. Non, camarades, car cette fois-ci j'ai eu l'occasion de visiter Seattle. Et si je devais résumer ma pensée, je dirais : Seattle, c'est BATH.

Bon, tout d'abord, en passant la frontière à bord du mini-bus de l'organisme de voyages pour non-anglophones auprès duquel Manninagh avait acheté le billet, j'ai été accueillie par un putain de bon présage : on s'est fait doubler par une voiture immatriculée "SHEEN"... Winning!

Bon, après avoir déposé la moitié du mini-bus dans un centre commercial aux abords de la ville nous nous dirigeâmes vers Downtown Seattle et fûmes déposés à Pike Place's Market (qui s'avère être un des endroits les plus bizarrement foutus au monde...) où j'ai pu laisser libre cours à mon asociabilité latente et partir fouler du pied le pavé seattlïte. Premier obstacle : changer mon argent. Et bizarrement, alors que Pike Place est rempli de touristes (venus pour la plupart faire deux heures de queue pour acheter une boisson au premier Starbuck... Youhou!), il faut remonter jusqu'au centre commercial pour trouver de quoi faire le change. Une fois les dollars américains en poche, j'ai continué mon chemin (toujours à pieds, on est une gueuse ou on ne l'est pas... Et votre bien-aimée reporter outre-atlantique n'était pas d'humeur à claquer $4 dans un ticket de métro) jusqu'au Space Needle, sorte de Tour d'Observation de Seattle et à l'Experience Music Project. J'ai croisé pas mal de sympathiques musicos et passé pas mal de petits cafés/pubs et fort m'est de constater que je trouve l'ambiance de Seattle plus chaleureuse que celle de Vancouver, un peu trop proprette à mon goût [exception faite du Downtown Eastside de ladite cité canadienne, naturellement].









[Comme d'hab à chaque fois que j'écris un article en plusieurs fois, Google Chrome fait un plan diabolique avec Blogger  pour me censurer sournoisement, je trouve ça mal. Et c'est la troisième fois que je ré-écris la suite...]

Bref, une fois arrivée en haut du Space Needle, j'ai pu constater que Seattle est également fort charmante vue des hauteurs, mit vue sur, d'un côté, la mer, et de l'autre, le mont Rainier. Je vous laisse une fois de plus contempler de bucoliques images.





Une fois mes mirettes rassasiées, j'entrepris de me frayer un chemin parmi moult touristes japonnais ravis et de redescendre, direction l'EMP, où je pensais passer tout au plus 30 minutes. Niet, niet. Et pour cause : premièrement, l'endroit avait une expo sur le film d'horreur [Pour vous donner une idée, le lien est là : plop ] et en particulier le rôle de la musique et des sons dans celui-là... Donc forcément, il y avait tout un documentaire sur Suspiria... Ou comment me faire goustater grandement...

Le lieu vu du ciel.



(Dédicasse à Adrien pour le remercier d'être un fidèle lecteur, il comprendra...)

"WENDY, I'M HOME!"

Le manuscrit original de Night of the Living Dead... dans le doute, pourquoi ne pas faire un peu sa fan girl?... (peut-être parce que ledit manuscrit n'était même pas ouvert -j'ai du mal à saisir le concept - et parce que de toute façon les photos ne rendent rien...)

Ah oui et comme d'habitude, la censure est là... Au cas où vous soyez tentés d'emmener des enfants contempler des haches et des maquettes tailles réelles de créatures moultement avenantes... 

Bref, j'ai continué dans les couloirs de ce musée et mes pas m'ont portée jusqu'à l'expo suivante, à savoir une expo sur Nirvana, et des relans pré-pubères m'ont amenée à la parcourir sans grande conviction... Jusqu'à ce que je me retrouve dans une visite guidée et, de fil en aiguille, (c'est parti d'un hochement de tête de ma part lorsque le gus a prononcé le nom de Leadbelly) j'en suis venue à discuter musique avec le guide, qui est probablement un des mecs les plus calés que j'ai eu l'occasion de rencontrer dans ma courte existence et qui m'a fait un tout un historique de l'évolution de la guitare dans la musique folk et country tout en me félicitant de mes connaissances (et ça, qu'on se le dise, c'est bon pour l'ego). Nous discutâmes longtemps et au moment de repartir, je lui laissai un pourboire, persuadée d'avoir enfin compris la coutume nord-américaine qui veut qu'on tip quiconque croise son chemin (pardon, monsieur le nettoyeur de tapis, je ne le savais pas...). L'homme fut plus que surpris et pour cause : apparemment, ici, il est de coutume de donner des sous supplémentaires à son coiffeur, même si la coupe est ratée, mais si un gus prend sur son temps de pause pour te parler d'un truc qui vous intéresse tous les deux, tu te dois de lui dire merci et puis c'est tout... Je vais arrêter d'essayer de comprendre, je crois. 

... et je suis arrivée à 1pm. Gron.

La serpillère qui a marqué ma pré-adolescence.

Première guitare électrique de l'histoire de la musique. J'aime les photos utiles...

Sur ce, je repris mon chemin en sens inverse, en pressant le pas pour avoir le temps de retourner à la petite boutique de tabac repérée à l'aller. J'y fus accueillie par un sympathique petit indien bidonnant avec un accent beaucoup trop épique (et le problème des accents beaucoup trop épiques, c'est qu'au fil de la discussion, vous vous surprenez avec consternation à rouler de même vos R...). Et je dois dire avec beaucoup d'émotion que c'était la première fois que je rencontrais un vrai artisan du tabac. L'homme savait tout des différentes nuances de goût et lorsque je lui dis que je ne savais pas trop quoi acheter parce qu'il n'avait probablement les cigarettes que j'avais l'habitude de fumer en France, l'homme sut voir la gueuse en moi et me dit : "Are you looking forrrrr Gauloises? Unforrrrtunately, we don't have them in the USA, norrrr the Gitanes, but you should try these ones" avant de me faire voir sa réserve à cigares. 






C'est donc sous l'oeil bienveillant d'un Totem Mario que je pus renouer avec joie avec le tabagisme. 





[Je suis navrée, cet article fut fort long et je comprend fortement que peu d'entre vous aient le courage de le lire en entier, mais je pouvais décemment pas RÉSUMER Seattle...]